Les sciences et le savoir à Rome

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Les sciences et le savoir à Rome

Message par Upomavick le Dim 27 Aoû 2006 - 11:54

Petite série sur le savoir scientifique dans le monde romain... je connais un peu mieux que le grec. N'hésitez pas à completer pour qui s'y connaîtrait mieux pour le savoir grec.


Je commence avec Pline l'Ancien, l'homme de savoir le plus connu de la Rome antique. C'est aussi celui que je connais le mieux pour me plonger régulièrement dans son oeuvre pour mon mémoire.


Dernière édition par le Jeu 31 Aoû 2006 - 13:08, édité 2 fois
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Pline l'ancien

Message par Upomavick le Dim 27 Aoû 2006 - 11:58

Mort en 79 au Vésuve, il est l’auteur d’une encyclopédie, l’Histoire Naturelle, somme des connaissances antiques telles que les latins pouvaient les assimiler.
Né vers 23 dans une riche famille à Côme dans le nord de l'Italie, Pline suit à Rome les cours de l'école des Rhéteurs.

Gaius Plinius Secundus est membre de la classe sociale des chevaliers romains (eques) par sa mère, fille du sénateur Gaius Caecilius. Avant 35 (N. H. xxxvii. 81), son père l'emmène à Rome, où il confie son éducation à un de ses amis, le poète et général Publius Pomponius Secundus. Pline y acquiert le goût d'apprendre, qu'il conserve toute sa vie. Deux siècles après la mort des Gracques, le jeune homme peut admirer certains de leurs manuscrits autographes dans la bibliothèque de son précepteur. Il leur consacre plus tard une biographie. Pline mentionne les grammairiens et rhétoriciens Remmius Palaemon et Arellius Fuscus dans sa Naturalis Historia (xiv. 4 ; xxxiii. 152) et est sans doute leur élève. À Rome, il étudie la botanique au topiaire d'Antonius Castor et voit les anciens « arbre lotus » sur les terrains qui avaient appartenu auparavant à Crassus. Il peut également contempler la vaste structure édifiée par Caligula (xxxvi. III) et assiste probablement au triomphe de Claude_Ier sur la Grande-Bretagne en 44 (iii. 119). Sous l'influence de Sénèque, il devient un étudiant passionné de philosophie et de rhétorique et commence à exercer la fonction d'avocat.

Il connaît le service militaire sous Gnaeus Domitius Corbulo en Germanie en 47, participant à la conquête romaine des Chauques, tribu germanique du littoral Nord-Ouest et la construction du canal entre le Rhin et la Meuse. En tant que jeune commandant de Cavalerie (praefectus atae), il rédige dans ses quartiers d'hiver un essai sur l'usage des projectiles à dos de cheval (de jaculatione equestri) en tenant compte des atouts d'un bon cheval.

En Gaule et en Espagne, il apprend la signification d'un certain nombre de mots celtiques. Il note les sites associés à l'invasion romaine en Germanie ; sur les lieux des victoires de Drusus, il rêve que le vainqueur lui enjoigne de transmettre ses exploits à la postérité (Plin. Epp. iii. 5, 4). Son rêve lui demande de relater l'histoire de toutes les guerres entre Romains et Germains. Il accompagne vraisemblablement Pomponius, ami de son père, en expédition contre les Chattes (50) et visite la Germanie pour la troisième fois en tant que compagnon du futur empereur Titus Flavius.

Sous le règne de son ami Vespasien, il retourne au service de l'État comme procurateur en Gaule narbonnaise (70) et en Hispanie romaine (73). Il visite aussi la Gaule belgique (74). Durant son séjour en Espagne, il se familiarise avec l'agriculture et les mines du pays, en plus de visiter l'Afrique (vii. 37). À son retour en Italie, il accepte une charge auprès de Vespasien, qui le consulte aux aurores avant de vaquer à ses occupations officielles. À la fin de son mandat, il consacre l'essentiel de son temps à ses études (Pun. Epp. iii. 5, 9).

Il complète une Histoire de son Temps en 31 livres, traitant du règne de Néron jusqu'à celui de Vespasien, qu'il veut ne laisser paraître qu'après sa mort (N. H., Praef. 20). Cette œuvre est citée par Tacite (Ann. xiii. 20, xv. 53 ; Hist. iii. 29), et influence Suétone et Plutarque.

Il termine presque son grand ouvrage Naturalis Historia, une encyclopédie dans laquelle Pline collecte une grande partie du savoir de son époque, travail planifié sous la direction de Néron. Les informations qu'il collecte à cette fin remplissent pas moins de 160 volumes en l'an 23, lorsque Larcius Licinus, le légat préteur d'Hispania Tarraconensis, essaie vainement de les acheter pour une somme gigantesque. Il dédie son œuvre à Titus Flavius en 77.

En dépit des lourdes tâches de sa carrière administrative, Pline occupe la plus grande partie de son temps à d’innombrables lectures dont il fait des résumés. Il compose ainsi trois livres sur l'éloquence, huit livres sur la « manière correcte d'écrire », puis des ouvrages de biographies et d'histoire : vingt livres sur les guerres contre les Germains et trente et un livres qui continuent l'oeuvre historique de Tite-Live. Il y raconte le règne de Néron, auquel il est résolument hostile : cet ouvrage sera l'une des sources de Tacite.

Son travail scientifique

À la fin des ses travaux littéraires, en tant que seul Romain à avoir choisi comme thème l'entièreté du monde de la nature, il implore la bénédiction de la mère universelle sur tout son travail.

En littérature, il attribue la plus haute place à Homère et à Cicéron (xvii. 37 seq.) puis en second lieu Virgile. Il a été influencé par les recherches du roi Juba II de Numidie et qu'il appelait « mon Maître »

Il voue un profond intérêt à la nature et aux science naturelles, les étudiant d'une manière nouvelle pour cette époque dans le monde romain. Malgré le peu d'estime que l'on porte pour ce genre d'études, il s'efforce toujours d'être au service de ses concitoyens (xxii. 15).

L'envergure de son œuvre est vaste et complète, une encyclopédie de toutes les connaissances et les arts tant qu'ils sont liés à la nature ou qu'ils en tirent leurs matériaux. Dans ce but, il étudie tout ce qui fait autorité dans chacun de ces sujets et ne manque pas d'en citer des extraits. Ses indices auctorum sont, dans certains cas, les autorités qu'il a lui-même consultées (bien que cela ne soit pas exhaustif) parfois ces noms représentent les auteurs principaux sur le sujet qui ne sont connus que de seconde main. Il reconnaît franchement ses obligations à tous ses prédécesseurs dans une phrase qui mérite d'être proverbiale (Praef. 21, « plenum ingenni pudoris fateri per quos profeceris »). Il n'a pas en revanche le tempérament ou le loisir d'aller enquêter lui-même.

Il est évident que quelqu'un qui passe tout son temps à lire, écrire et compulser des extraits de ses prédécesseurs, n'en a plus pour une pensée indépendante ou pour une observation expérimentale patiente des phénomènes naturels. Mais c'est sa curiosité scientifique pour les phénomènes de l'éruption du Vésuve qui amènent sa vie d'étude infatigable à sa fin prématurée et toute critique de ses défauts d'omission est désarmée par la candeur de sa confession dans sa préface : « nec dubitamus multa esse quae et nos praeterierint ; homines enim sumus et occupati officiis ».

Son style trahit une influence de Sénèque. Il vise moins à la clarté qu'à l'épigramme. Il est plein d'antithèses, de questions, d'exclamations, de tropes, de métaphores, et d'autres maniérismes de l'âge d'argent de la littérature romaine (deux premiers siècles). La forme rythmique et artistique de la phrase est sacrifiée à une passion pour l'emphase qui enchante par le report de l'argument vers la fin. La structure de la phrase est aussi souvent erratique et décousue. On note aussi une utilisation excessive de l'ablatif absolu et des phrases à l'ablatif sont souvent mises en apposition pour exprimer l'opinion de l'auteur sur un énoncé qui précède immédiatement. Par exemple : xxxv. 8o, « dixit (Apelles) ... uno se praestare, quod manum de tabula sciret tollere, memorabili praecepto nocere saepe nimiam diligentiam ».

Vers le milieu du IIIe siècle, un résumé des parties géographiques de l'œuvre de Pline est réalisé par Solinus et au début du IVe siècle, les passages médicaux sont réunis dans les Medicina Plinii. Au début du VIIIe siècle, Bède le Vénérable posséde un manuscrit de toute l'œuvre. Au IXe siècle, Alcuin envoie à Charlemagne un exemplaire des premiers livres (Epp. 103, Jaffé) et Dicuil réunit des extraits des pages de Pline pour sa Mensura orbis terrae (c. 825).

La façon dont il travaille laisse parfois à désirer. Ce qui nous donne parfois des textes abscons, notamment sur la monnaie romaine, où il s’emmêle les pinceaux et hélas, beaucoup d’historiens modernes l’ont suivi. Par contre dans certains domaines il est extrêmement précieux, notamment sur les mines qu’il est un des seuls à décrire.
Le Moyen Age va idolâtrer Pline ce qui va bloquer toute velléité de recherche scientifique digne de ce nom.

L'Histoire naturelle de Pline se découpe en plusieurs parties :

* le premier livre expose la structure de l'univers,
* les livres III et IV sont consacrés à la géographie,
* les livres VII à XI aux animalia, à tous les êtres vivants, hommes et animaux,
* les livres XII à XIX à la botanique,
* XX à XXXII à la médecine;
* les livres XXXIII à XXXXVII traitent des minéraux, métaux et pierres précieuses.


Ses autres œuvres ne nous sont pas parvenues


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POMPONIUS MELA

Message par Upomavick le Dim 27 Aoû 2006 - 23:55

Ayant vécu sous l’Empereur Claude, il est l’auteur d’une géographie de la Méditerranée : Geographia. Il dit lui-même qu'il était originaire de Tingentera (Algésiras?), en Espagne. Du reste, on peut voir dans Mela à quel point la Gaule était mal connue, même un siècle après sa conquête : ainsi une partie de sa description de la Garonne, bien écrite d'ailleurs, et qui a tant tourmenté les géographes modernes, s'appliquerait à l'embouchure de la... Loire.
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Columelle

Message par Upomavick le Mer 30 Aoû 2006 - 13:19

Lucius Junius Moderatus Columella, célèbre agronome romain vers le milieu du 1er siècle de l'ère chrétienne, né à Cadix. Il vécut sous le règne des empereurs Tibère et Claude. Après quelques années passées dans l'armée, où il occupa le poste de tribun en Syrie en 35, il se dédia à l'agriculture.Il est l’auteur d’un ouvrage sur l’Agriculture et l’art de l’exploitation des latifundia : De re rustica.

C'était un grand propriétaire terrien et il dirigeait lui-même l'administration de ses biens. Il possédait des terres considérables qu'il fit valoir lui-même.

Pour se perfectionner, il avait voyagé dans les différents pays de l'empire romain afin d'en connaître les productions, les différentes méthodes de culture et de s'instruire de tout ce qui concerne l'économie rurale : en Espagne, sa patrie, mais aussi en Italie, en Asie et en Afrique. Il se fixa ensuite à Rome pour rédiger son oeuvre.

De re rustica : S'étant fixé à Rome vers l'an 42 de J.-C, il y composa le traité De re rustica, en 12 livres (le Xe, consacré aux jardins, est en vers). Cette œuvre également appellée « Rei rusticæ libri » en douze volumes a été composée vers l'an 42 et préservée. Son thème principal est l'agriculture et l'exploitation des latifundia à l'époque Romaine. Avec les travaux de Caton l'Ancien, sa principale inspiration, elle représente la source la plus importante d'information sur l'agriculture romaine. Le 10e livre est intéressant car c’est un poème de 436 hexamètres dédiés à Virgile.

De arboribus : Il est aussi auteur du « Liber de arboribus », œuvre plus réduite sur les arbres, que quelques-uns joignent à la précédente.
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Cornélius Celse

Message par Upomavick le Jeu 31 Aoû 2006 - 18:05

Aulus Cornelius Celsus serait né à Vérone, il écrit sous le nom de "De Artibus" (ouvrage aujourd'hui disparu), une vaste encyclopédie couvrant des domaines aussi variés que l'agriculture, l'art militaire, la rhétorique, la philosophie, la jurisprudence et la médecine. Celse est un naturaliste encyclopédiste qui exerce la médecine à Rome au cours du Ier siècle. Sa particularité est qu’il écrit en latin. Selon le jugement de Quintilien (XII, c ri), il traitait avec un égal succès de l'agriculture, de l'art militaire et de la médecine.

Il ne nous reste de lui qu'un traité de médecine, De re medica, en 8 livres, l'ouvrage le plus précieux en ce genre que nous aient légué les Romains : il n'est pas moins remarquable par le style que par le fond des choses.

Le sixième livre de l'ouvrageDe Medicina libri octo, est la seule partie de son œuvre qui nous soit parvenue. Il représente le premier ouvrage complet sur la profession médicale. Il fut le premier auteur médical dont l'œuvre fut imprimée en caractères mobiles (en l'an 1478). C'est un traité de médecine récapitulant toutes les connaissances accumulées depuis Hippocrate, il classe les maladies en trois catégories:

* les maladies curables par le régime (hygiène des gens bien portants), ici, Celse distingue les maladies générales et les maladies locales.
* les maladies curables par les médicaments (les remèdes), Celse distingue les urgences médicales et les affections chroniques dont le traitement peut être différé.
* les maladies curables par l'art manuel (la chirurgie) il y distingue les maladies d'organes et les maladies osseuses du ressort de l'orthopédiste. Il différencie les maladies générales des maladies localisées.

Il étudie avec soins les fièvres, les dysenteries infectieuses, et distingue les parasitoses intestinales à vers plats et à vers ronds. Celse réserve une place à part aux maladies saisonnières ainsi qu'à celles de l'adolescence et du grand âge. La pneumologie occupe une place importante dans son œuvre. Il fait une étude minutieuse des régimes alimentaires. Les 7ème et 8ème livres de son ouvrage sont consacrés à la chirurgie. C'est le plus important en raison de la précision et de la clarté des descriptions. Il consacre aussi un chapitre de son "De Medicina" aux cancers. Celse a des connaissances en ophtalmologie. On lui doit enfin l'inventaire d'une cinquantaine d'instruments chirurgicaux .

Il a marqué la médecine occidentale car il était lu et surtout cru !
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