L'économie dans le monde hellénistique

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L'économie dans le monde hellénistique

Message par Elessar le Mer 2 Jan 2008 - 20:23

L’économie dans le monde hellénistique


Dès le milieu du IVème siècle, dans la vieille Grèce, la vie
économique montrait des signes de déclin et la société s’adaptait mal à
l’évolution économique. Les petits propriétaires n’arrivait plus à
vivre en cultivant eux même leurs domaines ruraux. La concurrence entre
les cités industrielles allait croissante en même temps que la demande
extérieure se faisait plus rare à la suite de la création d’industries
locales. Ainsi la misère augmentait provoquant l’essor du mercenariat.
Cette crise n’avait qu’une issue : une révolution sociale ou la reprise
du mouvement de colonisation. La monarchie Macédonienne vint établir sa
domination sur les citées épuisées par les luttes intérieures et ferma
ainsi la porte de l’issue par la révolution macédonienne. Mais
l’expédition d’Alexandre et ses conquêtes allaient ouvrir la voie à la
deuxième issue. L’orient dans lequel de nombreux grecs ont immigré à la
période hellénistique offrait des terres d’une extraordinaire fertilité
depuis longtemps mise en valeur. D’autres régions pratiquaient déjà une
agriculture adaptée à leur climat et à leur faible ressource en eau. Le
même contraste apparaît dans la production industrielle. En orient une
main d’œuvre expérimenté qui avait en sa possession des techniques
parfois savantes travaillait dans des échoppes ateliers et même parfois
dans des ateliers appartenant aux temples. Malgré tout, une grande
partie de l’empire perse restait au stade du travail plutôt grossier
pour les besoins de la famille ou du village. Le commerce était
favorisé par quelques routes pour les caravanes et une langue,
l’araméen, était utilisée comme unité linguistique. Le commerce
brillait d’un intense éclat dans certaines régions. Malgré cela,
beaucoup de régions vivaient encore grâce à une économie fermée,
ignorant à peu près l’usage de la monnaie. Le troc élémentaire
subsistait et la monnaie ne parvenait pas à s’affirmer dans tous les
territoires. Sur le plan social, les régions conquises par Alexandre
sont très différentes. Certains territoires étaient des régions où la
vie urbaine avait connu un réel essor. Cette vie urbaine déclinait
pourtant partout et ce n’était pas le même aspect qu’en Grèce : la
classe religieuse a un grand pouvoir et la notion de citoyen n’est pas
imposée. Les hommes sont groupés en organismes théocratiques dépendants
de leur clergé. Parfois même, ils vivent en tribu avec une hiérarchie
très précisément établie. C’est ce monde là que les grecs qualifiaient
d’un ton méprisable de barbares. C’est ce monde qu’Alexandre va prendre
par la pointe de l’épée et qui sera le théâtre de sanglants conflits et
le centre du nouveau monde. Ce qui est sur c’est que l’orient et la «
vieille » Grèce sont deux mondes complètement différents. Du point de
vue du besoin des Grecs, ce monde est complémentaire du leur. Au sens
matériel, si la Grèce veut vivre, elle a grand besoin de l’orient. Ce
monde est malléable et a de grandes possibilités d’évolution. Il
possède des terres, des ressources qui n’attendent qu’un chef pour les
utiliser au mieux. Et surtout, il offre des hommes. De là dépend le
choix qu’auront à faire les futurs dirigeants. Soit les nouveaux
maîtres entraînent ces hommes dans la même évolution que les Grecs ont
connu pour leur faire partager la jouissance des biens matériels que
l’effort de tous aura augmenté. Soit, à l’inverse, les dirigeants
peuvent limiter cet ébranlement social en gardant pour eux les
bénéfices d’une exploitation économique. L’expérience hellénistique a
eu à essuyer soit de la timidité soit l’égoïsme très marqué des Grecs.
Quand les dirigeants se sont aperçus qu’il y avait deux voies, (ce qui
n’a pas toujours été le cas) ils ont en bons Grecs choisi la seconde
solution. Alexandre, lui aurait sans doute choisi la première. Ses
rêves de fusion ont longtemps été désapprouvés par ses amis qui lui
succèderont et refuseront d’accomplir le rêve du conquérant. Par un
orgueil démesuré, les Grecs, en s’efforçant d’exploiter plutôt que
d’associer se sont épuisés d’une tâche dépassant leurs forces.
Au début l’économie grecque subit un élan d’une grande force. La
guerre favorise une renaissance temporaire et une relative prospérité.
Pourtant le prix de tous les produits agricoles sont à la hausse.
Importatrice de blé, la Grèce se plaint de la famine. Pourtant c’est
seulement le retour d’une situation globalement à son avantage. La
Grèce travaille pour des consommateurs nombreux et bien pourvus en
argent. Ainsi, elle acquiert de l’argent ce qui stimule la production.
Pourtant cette situation ne dure pas au-delà de 280 c'est-à-dire la
date de stabilisation du monde hellénistique. Vers cette date, un
nouvel équilibre économique est en place et la Grèce n’est plus le
bénéficiaire de l’exploitation. Les hommes ont abandonné la vieille
Grèce au profit du « nouveau monde » : l’orient. La production de la
Grèce est concurrencée et n’est plus prospère. Les produits agricoles
de Grèce ne se vendent qu’à un faible prix et la classe des petits
propriétaires souffrent. Il en va de même pour l’industrie. L’industrie
grecque supporte maintenant la concurrence de l’orient. En effet,
l’industrie de l’orient parvient à se suffire à lui-même en
perfectionnant sa production. Il réussit même à exporter en Grèce, le
commerce, lui, a pris un développement très important. La méditerranée
orientale est parcourue par des échanges, une intensité d’une ampleur
inconnue alors. On constate que le Pirée, qui à l’époque classique
attirait tout à lui a perdu son rôle prédominant. Le commerce, si
florissant en Grèce à l’époque classique, a décliné dans cette vieille
Grèce. Le pays exporte moins et n’est plus qu’un intermédiaire, alors
qu’à l’époque classique il était le centre. Les routes principales du
trafic ne sont plus centrées sur la Grèce. Ainsi cela provoque le
déclin d’Athènes, autrefois si brillante à l’époque classique. Athènes
reprendra vie au IIème siècle avec une prospérité apparente, mais la
capitale du monde grec classique n’est plus qu’un souvenir. Ainsi,
l’éclat de la Grèce classique a disparu et la vieille Grèce a cédé sa
place à de nouveaux pays plus jeunes et plus aptes à évoluer dans ce
nouveau monde.
Ainsi, économiquement et en matière d’étendue du territoire, les
nouvelles monarchies hellénistiques ont bien plus de puissance que la
Grèce classique. De plus, en Grèce, les grecs étaient seuls
contrairement à l’orient où un apport humain était continu. Beaucoup de
grecs qui fournissaient l’administration et les hautes classe des
monarchies hellénistiques migrèrent en orient. Cette expérience de
migration pouvait aboutir à deux choses : l’hellénisation du monde
nouveau ou l’exploitation, de l’orient.
La Grèce n’était pas favorisée par la nature de même l’orient ne
l’était pas partout. Pourtant les pays les mieux pourvus ne manquaient
pas et les conquérants de cette terre eurent une vision « d’Eldorado »
de ce monde et leur premier geste fût le pillage. Par la suite, une
exploitation ordonnée des terres fut mise en place. Tout n’était pas
rudimentaire en orient : l’irrigation était utilisée, certaines
techniques artisanales étaient innovantes. Pourtant la Grèce contribua
largement au développement économique de l’orient. Les nouveaux
maîtres, souverains hellénistiques, apportèrent une paix assez
imparfaite mais une paix dans l’empire perse qui avait été en proie à
une crise intérieure. La sécurité fut plus grande qu’autrefois et cela
constitue un apport des grecs. Cette paix permit l’action de
l’administration. Certes chez les Séleucides, nous avons vu que nombre
de leurs pratiques étaient héritées de l’empire perse, mais
l’administration grecque apporta quelques autres éléments.
L’administration développée en Grèce classique était plus exacte et
supérieure à l’administration perse. En effet, la royauté perse avait
relâché sa vigilance sur certaines régions et l’administration grecque
vint mettre de l’ordre. Les grecs rétablirent et créèrent des moyens de
communication. Sans cette tâche primordiale l’autorité royale ne
pouvait agir. Sans cela aussi, le commerce ne pouvait être. On restaura
les parties, les canaux, les routes ayant souffert de l’anarchie
intérieure. Les Grecs développèrent également des terres cultivables,
en ouvrirent d’autre, en étendirent d’autre. En fait, les souverains
hellénistiques restaurèrent et poursuivirent uniquement l’œuvre de
leurs prédécesseurs. Mais les Grecs innovèrent également à l’aide de
techniques plus savantes. Les ingénieurs trouvèrent en Orient la main
d’œuvre et l’argent nécessaire à leurs travaux. Les ports furent une
des innovations majeures que les Grecs amenèrent. Les ports furent
multipliés tout le long des côtes, protégés et améliorés. Ainsi, ce fut
un bénéfice pour l’équipement économique de l’Orient que l’installation
d’émigrants grecs et la fondation de villes nouvelles. Les Grecs
fournirent des cadres techniques pour exploiter au mieux des ressources
naturelles. Les villes furent des marchés dans des régions qui en
étaient autrefois dépourvues. Les Grecs amenèrent des procédés
d’exploitation inconnus alors en Orient où perfectionnèrent ceux qui
existaient déjà. La culture de la vigne se développa, la culture de
l’olivier se développa en Asie Mineure. Des souverains montrèrent un
intérêt certain pour ces choses et, par exemple, l’administration fit
planter des arbres. Un roi ordonnait à un de son entourage de chercher
systématiquement à avoir une seconde récolte annuelle. Ainsi, on avait
une action politique sur l’économie. Mais cette action était faible et
ne pouvait se révéler efficace dans tous les domaines. Une autre chose
et celle là révolutionnaire a été importé par les Grecs ; il s’agit de
la monnaie. Celle-ci était peu usitée en Orient avant Alexandre. Ce
manque constituait un obstacle à l’essor des échanges et par là
bloquait le développement de la production. Mais avec Alexandre et ses
successeurs, tout ceci changea et un monnayage abondant fut réalisé. Le
système athénien de l’époque classique fut introduit en Orient et
l’emporta sur toute l’Asie. Malgré quelques imperfections, la
domination des Grecs eut pour effet de donner une formidable impulsion
à l’économie de l’Orient.

Le développement de la vie économique est frappant et elle
atteignit un haut degré alors inconnu du monde oriental. L’Egypte, par
l’abondance de ses ressources tirées du sol, semble l’emporter sur
toutes les régions. Le royaume lagide a en sa possession de très
importantes quantités de céréales pour l’exportation. L’industrie va
aussi dans ce sens : l’Egypte l’emporte. Elle est bien ravitaillée en
matières premières et possède une main d’œuvre qualifiée. Ainsi, elle
exporte du papyrus dont elle possède aussi le monopole. Mais elle est
concurrencée dans d’autres domaines. Nous voyons, par l’exemple de
l’Egypte, l’abondance de la production en Orient. Ainsi, on peut
constater une économie florissante dans tout le monde hellénistique.

Toutes ces exportations contribuent à alimenter un commerce très
actif. Pourtant ce n’est point le visage de l’âge classique qui est
représenté. En effet, ni dans le domaine de l’industrie, ni dans le
domaine agricole, la Grèce ne peut lutter contre les puissances à qui
elle a fourni les technologies manquantes pour arriver à leur économie
florissante. L’Orient s’est fermé car il se suffit à lui-même et n’a
nul besoin d’importations. De plus, il peut concurrencer la Grèce qui
dominait le commerce à l’âge classique. Le résultat donné par l’apport
grec est une véritable révolution commerciale dont l’ancienne puissance
de l’âge classique, Athènes, est la victime. La Grèce importe toujours
mais ses exportations sont faibles et sa marine, jadis puissante, n’est
plus en mesure de dominer le trafic en Mer Egée. Le trafic se fait
plutôt dans le sens Nord/Sud le long des côtes orientales. Dans le
monde hellénistique, les épices commencent à apparaître et à jouer un
rôle dans l’économie. Les régions éloignées fournissent les produits de
luxe aux classes dominantes et cela crée encore des flux. Une
concurrence s’établit alors dans le but de surveiller les routes de
commerce et faire aboutir dans son royaume les produits luxueux. Les
routes commerciales ont bien changé et sur mer, les Ptolémées avec le
plus souvent du succès, dévient le trafic de la mer vers leurs ports.
Des routes de commerce autrefois usitées fréquemment sont abandonnées.
Une route en Asie partant de Bactriane gagne l’Iran et la Babylonnie où
une ville créée par les Séleucides, Seleucie du Tigre, sert d’entrepôt
à tout ce qui arrive. Cette ville est leur capitale orientale. Une
autre route importante quitte l’Euphrate en Syrie du nord pour
rejoindre Antioche, capitale occidentale des Seleucides . Ainsi les
routes de commerces ont bien changées et le temps où tout était centré
sur la Grèce est révolu.

L’économie dans le monde hellénistique connaît donc une forte
impulsion. Mais l’état intervient pour mener ce développement dans l
ligne de ses intérêts. Ces intérêts sont fiscaux afin d’augmenter les
revenus des impôts ou d’instituer un monopole. Mais il y a aussi des
intérêts matériaux : chaque souverain est intéresse par l’augmentation
des biens de consommation. Pourtant, le roi ne songe pas à augmenter le
niveau de vie de ses sujets pour la plupart extraits des basses classes
sociales. C’est dans son intérêts de maintenir ce niveau faible car le
prix de revient de production des marchandises lui est plus avantageux.
Cette conception a fait le malheur de l’économie grecque. Très peu de
souverains ont songé à l’avenir. La plupart a cherché à exploiter
frénétiquement pour accroître l’économie.


Ainsi l’économie grecque classique a été importée en orient et a
fusionné pour offrir un essor de l’économie en orient. Pourtant si il y
a eu association, il y a eu aussi destruction de l’ordre classique.
Athènes dominatrice de l’époque classique a perdu le monopôle et la
Grèce n’a guère d’emprise sur l’économie du monde hellénistique. Le
monde s’est élargi et l’économie des grecs classiques s’est adaptée ce
qui a eu pour effet de mettre la Grèce à l’écart.
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