L'administration séleucide

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L'administration séleucide

Message par Elessar le Mer 2 Jan 2008 - 20:24

Les satrapies

Le territoire séleucide compte plusieurs satrapies qui sont en fait
des régions. Les satrapies sont des provinces tenues et encadrées par
des gouverneurs qui étaient les relais de l’autorité royale. Les
satrapies nous sont connues essentiellement par le nom de leurs
gouverneurs et par les conflits armés qui s’y déroulèrent. Il est
difficile d’établir une liste complète des satrapies sous la royauté
séleucide et de les décrire toutes. Le territoire séleucide possède
donc une structure satrapique. Le royaume séleucide n’est pas le simple
héritier du découpage achéménide. En Asie Mineure, la structure
satrapique ne connut pas de modifications majeures. Ainsi, la
définition des limites d’une satrapie résultait de la reprise d’une
administration locale. La limite de la souveraineté séleucide
s’arrêtait à la Cappadoce qui était coupée en deux. De même, dans de
nombreuses régions du royaumes, les limites de ces satrapies étaient
floues, mal définies et parfois mal contrôlées. Pourtant,
l’articulation entre le découpage satrapique et les territoires des
royaumes autonomes n’est pas parfaitement claire. L’intégration des
peuples périphériques à cette structure pose la question de la
continuité et de l’uniformité du territoire satrapique. Les campagnes
d’Antiochos III en 187 et Antiochos IV en 165 dans des régions avaient
certes pour but de renflouer le trésor royal mais aussi d’affirmer la
souveraineté séleucide. Ils visaient tous deux à affirmer le pouvoir
séleucides dans une région lointaine et situé à la limite du territoire
contrôlé.

Le royaume séleucide n’était pas soumis à une administration
unique et uniforme. Certaines régions possédaient des subdivisions mais
celles-ci changeaient de noms suivant les régions concernées. Tout au
long du III eme siècle, les unités d’administration séleucides eurent
moins d’emprise sur certaines régions. Dans la partie occidentale du
royaume, les merides étaient des des subdivisions des satrapies et
regroupaient des topoi/toparchiai qui étaient eux même des districts
administratifs de base. En Asie Mineure, les satrapies étaient divisées
en hyparchies regroupant elle-même plusieurs toparchiai. Ceci prend en
fait pour modèle l’administration lagide très hiérarchisée et très
uniforme. L’empire séleucide dut intégrer à son empire des provinces et
des peuples aux traditions très diverses ce qui explique une
administration souple et adaptée aux régions contrôlées. Pourtant le
territoire n’était pas forcément structuré en unités administratives
bien définies. L’espace administratif séleucide n’était pas un espace
plein englobant l’ensemble des régions sous la dominations seule du
pouvoir royal.

Les Hautes satrapies

La notion de Haute satrapie désigne du point de vue des Greco –
macédoniens l’ensemble des régions situées à l’est de la Syrie. En même
temps, cela semble avoir un sens plus administratif en désignant les
satrapies du plateau iranien et d’Asie centrale commandées depuis
Ecbatane par le satrape de Médie. Dans les années 310, on a une vaste
circonscription orientale qui n’est plus vraiment une région
administrative. Elle est une zone de recrutement militaire placée sous
l’autorité d’un stratège et non d’un satrape. C’est l’origine des
Hautes satrapies. Il y a également une origine achéménide : à l’époque
de l’empire perse, les régions du plateau iranien et d’Asie centrale
constituaient déjà un district. On connaît le nom de plusieurs
gouverneurs dans ces Hautes satrapies. Parfois, sous le règne de
certains souverains, ce fut le fils qui exerça la main – mise sur ces
régions. Séleucos appliqua cette double royauté : il garda une autorité
directe sur les régions situées à l’ouest de l’Euphrate et son fils
Antiochos contrôlait les régions les plus orientales. Un commandement
sur les Hautes satrapies fut maintenu jusqu’au milieu du II eme siècle
malgré les nombreuses pertes de satrapies dans cette région. C’était
donc une vaste circonscription orientale.

L’Asie Mineure occidentale

Le Taurus représentait la limite de l’Asie Mineure et de
l’Anatolie. Cette frontière fut reprise par les Séleucides pour
désigner la partie la plus occidentale du royaume. Le pouvoir séleucide
constitua cette région en un vaste district administratif dont
l’existence est attestée par des écrits. L’Asie Mineure constituait
donc une unité cohérente et un corps autonome dans le royaume. A
plusieurs reprises, le pouvoir royal a placé ce territoire sous une
autorité unique qui fut exercée par un membre de la famille ou par un
agent de haut rang. Pourtant, cette région de 281 à la paix d’Apamée ne
fut jamais entièrement soumise au pouvoir séleucide. Malgré cela et
quelque fut l’emprise de la royauté séleucide sur ces terres, l’Asie
Mineure occidentale ne cessa de constituer une unité administrative.

La Syrie – Mésopotamie

Sous le règne d’Antiochos IV, un personnage, Lysias, se vit
confier une région administrative qui était l’ensemble syro –
mésopotamien. Le souverain lui confiait cette région à l’occasion de sa
campagne dans ce qui restait des Hautes – satrapies. Ainsi, le roi
renouait avec la tradition achéménide d’intégrer l’ensemble de la Syrie
et de la plaine de Mésopotamie dans une grande satrapie. Ceci montre
que sous le règne de Antiochos IV mais sûrement déjà dès le IIIe
siècle, une région syro – mésopotamienne était constituée à l’occasion
de campagnes dans les Hautes – satrapies ou en Asie mineure ou en cas
de repos royal ou de faiblesse du roi régnant. Cette circonscription
n’est donc pas permanente. De plus, on voit que cet ensemble a gardé
une identité géographique et institutionnelle utilisée lorsque le
pouvoir n’est plus assez puissant dans ces régions.

Ainsi, le territoire séleucide est structuré en trois grands
ensembles eux-mêmes subdivisés en de nombreuses satrapies. On a l’Asie
Mineure occidentale et les Hautes satrapies qui permettent une double
royauté. Enfin, on a un ensemble non permanent utilisé lors d’occasions
précises qui est la Syrie – Mésopotamie. Le territoire administratif
séleucide possède donc une grande souplesse et peut s’adapter.


Le pouvoir central et le gouvernement territorial



Le pouvoir central

Les philoi

Autour du roi, on avait le cercle des philoi qui occupait une place
stratégique dans l’organisation des pouvoirs. En effet, l’entourage du
roi jouait un rôle politique important par le biais du Conseil. Dans ce
lieu, il, n’y avait sans doute pas que des philoi, mais c’était leur
lieu principal d’expression. Le roi décidait seul certes mais
l’entourage du souverain exerçait une pression. Le Conseil a en fait
pour effet de renforcer la décision royale : en effet, les philoi
jouait un rôle dans l’élaboration de la décision royale. Ainsi, le
corps des philoi royaux était constitué de conseillers, d’ambassadeurs,
de stratèges, d’officiers qui peuvent passer de leur fonction
officielle au rôle de philoi au Conseil. Ils alternaient ainsi entre
une charge administrative qui leur conférait un pouvoir et une emprise
sur le territoire et une dignité particulière au sein de la cour.

Le préposé aux affaires

Cette fonction est souvent présentée comme le vizir ou le ministre
du souverain. Cette charge n’est attestée qu’à partir de la fin du
règne de Séleucos III. Il occupait une bonne place dans la hiérarchie
des pouvoirs en Syrie du Nord. Il disposait également d’une place
éminente dans la hiérarchie du pouvoir royal. Ainsi, un préposé aux
affaires du nom d’Hermias eut un rôle très important et fut un
personnage très puissant à la fin du règne de Séleucos III. Le préposé
aux affaires contrôlait les finances du royaume (c’est le cas pour
Hermias). Mais son pouvoir a des limites : le Conseil échappait à son
contrôle. Ainsi, la structure administrative est soumise au préposé aux
affaires et la cour rassemblant les philoi incarne l’opposition. Au
cours de la première moitié du II eme siècle, cette charge devint plus
fréquente surtout au moment de la fragilisation du pouvoir royal et
lorsque le roi partait en expéditions. Les pouvoirs des titulaires de
cette charge se voyaient renforcés en cas d’absence prolongée du roi ou
de fragilisation du pouvoir royal. La charge n’est pourtant pas
permanente et les détenteurs de cette fonction sont surtout des grands
d la cour ou des proches du souverain. Cette charge assurait une
stabilité dans le corps central du royaume, la Syrie – Mésopotamie.
Ceci illustre encore la grande souplesse de l’administration séleucide.


Le commandement territorial

Dans le commandement territorial, les agents territoriaux les plus
importants sont les satrapes et les stratèges. Il y a également un
gouverneur d’Asie Mineure occidentale, des agents s’occupant de
territoires réduits. Mais ces agents, bien que dotés d’un pouvoir, ne
constitue pas la base même de l’administration du territoire. Celle-ci
puise sa source dans l’administration achéménide et est incarnée par
les satrapes et les stratèges.
Les satrapes

Les rois séleucides furent les héritiers des rois achéménides dans
la maintenance des satrapes. Le moment de flottement politique qui
suivit la disparition d’Alexandre renforça la capacité des satrapes à
construire et à affirmer un pouvoir autonome. Les satrapes ont la
capacité de rompre avec le pouvoir royal en reprenant pour eux
l’armature administrative satrapique. Les responsabilités du satrape
sur son territoire sont dans la ligne de continuité des antécédents
achéménides. Les satrapes du royaume séleucide furent de très puissants
détenteurs de l’autorité royale au niveau local même si un stratège
pouvait être nommé aux affaires militaires de la province. Les satrapes
séleucides ne semblent pas avoir la même liberté qu’au temps de
l’empire perse à l’exception des provinces reculées. La nécessité de
tenir des régions contre des menaces extérieures , la maîtrise des
revenus satrapiques et l’autorité sur l’armée locale donnaient
l’occasion aux satrapes d’affirmer sur leur terre un pouvoir autonome
lorsque le pouvoir royal se fissurait.

Les stratèges

En Asie Mineure, des stratèges étaient nommés ce qui conféraient un
double pouvoir au gouverneur : le pouvoir administratif (celui des
satrapes) et le pouvoir militaire. Il est probable qu’Antiochos III
généralisa cette pratique à toutes ses satrapies. Les stratèges avaient
pour première responsabilité le maintien de la stabilité et la défense
du territoire. Le terme de stratège pouvait être appliqué à des
responsables de circonscriptions dont l’étendue était plus petite que
la satrapie. Les stratèges incarnaient également le pouvoir royal
auprès des populations indigènes et leurs agissements s’inscrivaient
dans la continuité de celles des satrapes. Les stratèges d’Asie Mineure
avaient également en charge les rapports avec les territoires autonomes
situés sur le territoire séleucide.

Satrapes et stratèges partageaient donc des fonctions communes.
Ils devaient tout d’abord maintenir le territoire assigné. Il fallait
commander les troupes royales et, au nom de l’autorité royale, régler
les rapports avec les peuples locaux. Jusqu’au règne d’Antiochos III,
les deux charges furent maintenues. C’est Antigone et Séleucos qui
instaurèrent la charge de stratège. Ceci était dans le but de briser
l’image du pouvoir satrapique toujours susceptibles de fonder sa
légitimité. Le rôle de stratège, par la fonction militaire, supposait
une fonction de contrôle du territoire dont était privé le satrape. La
nomination de stratèges dans certaines régions renforçaient donc le
lien entre le pouvoir central et celui régional et limitait ainsi les
risques de scission.
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